La conquête : collage sans point de vue...
La conquête narre l'épopée sarkozienne de 2002 au grand soir du 6 mai 2007. Elle s'attache à développer son solgan : un homme prend le pouvoir et perd sa femme. What else ? Pas grand-chose : le travail documentaire nous permet de nous remémorer l'histoire récente, on avait oublié certaines petites phrases assassines du candidat, certaines évolutions politiques mais c'est à peu près tout. Il s'agit bien d'un concours d'imitation sur le thème 'qui sera le meilleur sosie du personnage qu'il incarne ?". Les ressemblances physiques sont fortes, ce qui guide lourdement le spectateur mais on est loin de l'incarnation de personnages. Chacun joue son rôle mais n'est pas dedans, on ne sent aucune profondeur dans les personnages secondaires et ils sont nombreux ! Même le portrait de Cécilia n'est pas creusée... on comprend qu'elle s'éloigne de son homme si préoccupé de sa conquête du pouvoir mais l'heure n'est clairement pas à l'introspection... Le seul point de vue est celui de Nicolas Sarkozy qui joue sa carte à fond. On le voit en homme direct et franc, totalement dépourvu de la moindre conviction politique, guidé par sa seule volonté de vaincre. Il dit qu'il s'est fait tout seul, ce qui étonne un peu pour un monsieur né à Neuilly, de parents tous deux avocats !
On aurait largement préféré un vrai documentaire à ce faux traçage qui donne l'impression d'une mauvaise reconstitution du samedi soir sur Arte. Il manque un vrai point de vue au lieu de cet à plat, de cette mécanique plate sans saveur.
Aucune inventivité dans la mise en scène, on est dans la même veine que le téléfilm sur les derniers mois de Pompidou diffusé il y a peu sur France 2.
Le film se laisse voir aujourd'hui mais comme le vin, il se bonifiera avec le temps et il sera bien meilleur dans quelques années.