Hamlet mis en scène par Ostermeier : intemporalité de la folie

Publié le par Laurence

La pièce débute par un enterrement qui passe rapidement du solennel au grotesque : la veuve, blonde brushée dotée de lunettes masque, arrive vacillante, s'accroche au bras d'un homme et suit, hagarde, le trajet ubuesque du cercueil. Le fossoyeur enchaîne les maladresses et finit par traiter le cercueil de ce roi comme un vulgaire carton d'emballage. Le ton est donné dès les premières minutes de ce Hamlet qui en compte 165. La précision de la mise en scène s'accomode parfaitement avec la dinguerie qui irrigue ce grand classique shaekspirien. Ostermeier insuffle une force étourdissante à cette histoire fleuve. Pas d'entracte et pourtant l'attention du spectateur ne retombe jamais. Ostermeier n'hésite pas à incorporer une dose d'humoir - noir bien entendu - à jouer avec le public directement : les lumières se rallument, les spectateurs sont directement pris à témoin. La violence sourd dès le début.

 

Six acteurs se répartissent les 20 personnages et la plus belle trouvaille est de combiner en une seule personne Gertrude et Ophélie. Hamlet amoureux d'une jeune fille en qui transparait sa mère. Les changements de personnages sont fluides sans être démonstratifs.

 

Devant cette mise en scène d'une inventivité permanente, on peut parfois sortir du spectacle et se dire qu'il ne s'agit que de grandiloquence et de démonstration surlignée. Ce serait nier le magnifique travail des acteurs, la réflexion profonde qui a abouti à cette mise en scène moderne. D'ailleurs, le public jeune était au rendez-vous hier à la Comédie de Clermont, ce qui témoigne à la fois de la modernité de la pièce (ce qui reste le propre des classiques) et de la capacité du metteur en scène comme de son co-auteur à savoir faire vivre cette pièce. Car, si la pièce débute par une traductin du texte original, elle en actualise aussi nombre de passages. La tirade "être ou ne pas être" introduit la pièce comme si le metteur en scène avait voulu se débarrasser de cette référence pesante pour rapidement aller au coeur de cette histoire d'inceste, de folie, de trahison et bien sûr d'amour.

 

Ne laissez pas passer l'occasion de voir cette fabuleuse mise en scène et d'y emmener vos ados qui seront captivés sans nul doute !link

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Publié dans Théâtre

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S
<br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Bien heureux que vous y soyez allée, mais êtes-vous allée jusqu'au bout de la lecture... Hamlet me semble plus facile à jouer qu'à lire (je m'amuse biensûr).<br /> <br /> <br /> Etes-vous allez sur mon blog: http://horatio.hautetfort.com j'y est posté mes notes critiques sur Dover Wilson et un résumé de la pièce. Mon projet,<br /> que les internautes s'en emparent et écrive la suite du Hamlet de Shakespeare.<br /> <br /> <br /> Amusez-vous bien!<br /> <br /> <br /> Sylvain<br />
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L
<br /> <br /> La fin décourage toute tentative de prolonger l'histoire : "le reste est silence" - noir - applaudissements...<br /> <br /> <br /> <br />