"les petits mouchoirs" : tire larmes sans inspiration...
L'auteur de ce blog ayant quelques souvenirs romatico-ensoleillés sur le bassin avait fait l'impasse sur le film de Guillaume Canet. Mais foin de considérations personnelles, il fallait bien se décider à visionner ce film de copains avec Jean Dujardin occupant un petit rôle central pour l'intrigue. Et si OSS117 représente la génération montante, François Cluzet appartient à celle qui est bien installée. Gilles Lellouche commence à être bankable et le talent de Valérie Bonneton, trop souvent cantonnée aux seconds rôles, mérite mieux. Parés d'un nombre impressionnant d'entrées malgré des critiques mitigées, ce film devait me faire passer un bon moment de cinéma d'autant plus que le bassin promettait d'être mis en valeur.
Déception(s) au rendez-vous : d'abord le banc d'Arguin et la dune du Pyla ne fournissent qu'un cadre banal et le film ne valorise absolument psa cette côte atlantique sauvage, ensuite, l'histoire est d'une niaiserie et d'une mièvrerie que la collection Harlequin n'oserait pas avec une fin lourdingue, le tout est indigne de Guillaume Canet... qu'est il arrivé au magistral raconteur d'histoire de "ne le dis à personne" et au corrosif auteur de "mon idole" ? Trop de projets menant à une capacité limitée de concentration ? L'histoire de cette bande de potes se cachant les uns les autres comme à eux mêmes leurs faiblesses, leurs petits travers ne touche pas. Elle dit simplement la complexité de la nature humaine, la difficulté de rester amis dans la durée et peut-être que l'amitié consiste à ne pas ramener l'autre à ses défauts mais plutôt à l'accepter tels qu'il est, avec ses petits secrets qu'il croit bien gardés.
Guillaume Canet semble tenir à faire rimer sincérité et amitié mais toute vérité n'est pas bonne à dire. Oui les êtres humains sont le plus souvent lâches. Refuser de dire son fait à son ami, de dévoiler ses pensées n'est ce pas aussi lui faire une aveu d'amour plus important qu'en lui assénant sa propre vérité ?
Les acteurs sont impeccables, à l'exception de Marion Cotillard agaçante actrice sur écran comme dans ses passages promo où elle semble s'ancrer dans un rôle perpétuel de jeune femme dite libre.
La musique, bien que de facture élégante et recherchée, paraît totalement décalée de l'action. L'ambiance musicale choisie correspond au film en général mais pas du tout aux moments qu'elle est supposée accompagner.
Il s'agit d'un film secondaire et moi aussi je préfère "un éléphant ça trompe énormément" (lien vers un extrait ci-dessous) à ces petits mouchoirs indigestes.