Photo Romance : Liban et Italie mêlés

Publié le par Chantal

Lien vers une video extrait de la pièce : link


Lina Saneh et Rabih Mroué présentaient dans une sorte de salle des fêtes aménagée (ok dans un cloître j'exagère un peu) un spectacle émouvant, touchant abordant des thèmes aussi divers que l'amour, la guerre, la politique, les règles du jeu social le tout dans un pays si loin si proche de la France, le Liban.

Dit comme ça on a une impression de déjà vu, quelque chose de peu original alors que la pièce baigne dans une atmosphère douce amère, propose une approche réaliste de la vie au Liban en utilisant un film assez ancien. En effet, Photo romance se présente comme un remake actualisé et libanisé du film d'Ettore Scola "une journée particulière". Une femme se retrouve seule au domicile familial, les autres -et ils sont nombreux- sont partis manifester. Vide dans la maison, dans la rue, calme et silence peu fréquents visiblement. Cependant, cette journée ne sera pas le temps du repos puisqu'il est attendu de la jeune femme qu'elle en "profite" (!) pour ranger, nettoyer l'appartement. Sa journée sera troublée par l'apparition d'un homme, un journaliste, opposant politique. Romance donc.... Mais aussi mise en abyme puisque cette histoire ne se déroule pas exactement sur scène... je ne dévoile pas, il faut vraiment aller voir ce spectacle enchanté désenchanté.

Il existe des différences entre l'histoire italienne et cette adaptation libanaise mais l'essentiel n'est pas là. Le traitement particulier offert par les deux compères utilise une histoire d'amour impossible pour faire connaître la situation politique et sociale au Liban. A l'occasion d'une rencontre avec le public lors du festival d'Avignon, les auteurs-metteurs en scène ont parlé de leur vie d'artistes au Liban : la censure ne punit pas, elle protège, nuance de taille n'est ce pas...

Pour jouer dans un lieu - et il existe peu de salles au Liban-, il faut que le texte soit soumis à l'examen de cette censure... Les auteurs assument leur choix : pas question de passer sous ces fourches là quitte à ne jouer que quelques jours et à voir le spectacle s'arrêter subitement. Reste la question de l'auto-censure qu'ils n'ont pas éludée lors de cette rencontre : elle existe pour eux comme pour d'autres auteurs mais ils ont la chance de jouer dans leur pays et ailleurs.

Ce spectacle est rare.
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Publié dans Théâtre

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