Benjamin le magnétique

Publié le par Chantal

Hier soir a eu lieu à la Coopérative de mai (Clermont-Ferrand) le concert de Benjamin Biolay. Inutile de revenir sur sa filiation avec le grand Serge puisque tout a été dit par d'éminents critiques. Et puis, sur scène, cette troublante ressemblance est tellement évidente que chaque spectateur l'a en tête dès le début.

 

Benjamin Biolay, des textes et des musiques complexes, rares, mélodieux, intenses et sensibles. On est emporté par la densité de sa présence sur scène : il bouge peu mais son charisme éclate à chaque mouvement. Il arrive sur scène, les yeux lourds, élégant dans son costume noir, ses mains fortes et longues en disent plus que lui-même. Dès la première chanson, on ne peut pas résister à ce Rimbaud qui chante d'une voix grave et belle, bien plus forte et dense que l'écoute des albums ne le laisse croire (et que certaines mauvaises langues de journalistes le colportaient). Puissant dans cette salle à sa dimension qui lui permet d'être proche de son public tout en gardant sa distance d'artiste (sensible).

 

Il parle peu au public mais remercie souvent du geste, aimerait prendre une photo pour garder la trace de l'amour reçu lors de cette soirée.

 

Passant du synthé à la trompette, il est ensuite seul au piano et c'est formidable : on a l'impression de l'avoir pour soit seule (oui beaucoup de filles dans la salle). Hommage doit être rendu à ses musiciens tous à la hauteur des chansons reprises avec quelques modifications par rapport aux albums, parfois plus rock, d'autres fois plus pop. Guitare et batteries impeccablement maîtrisées et puis un drôle de type à casquette (impossible d'apercevoir son visage) qui manie le synthé et un drôle de trucs à ondes (qui fait des bruits de films d'épouvante). La harpiste-violloncelliste-choriste, seule femme du groupe, rappelle la dimension philarmonique des albums et en particulier du dernier (La superbe).

 

L'intensité ne se relâche jamais : Biolay alterne chansons mélancoliques et rock sans faille, juste un oeil jeté de temps à autres au pupitre pour vérifier ses textes. Ses musiciens l'autorisent à fumer, d'abord dos au public puis, plus tard en face. Un verre de vin et une petite bouteille d'eau traînent sur la scène, le soutenant de temps en temps.

 

Le premier rappel permet d'entendre (enfin) Padam où Benjamin Biolay prend une pose un peu christique ou mégalomaniaque (au choix du spectateur en fonction de ses convictions). Le spectacle se termine plus tard sur Brandt Rhapsodie, de loin une des plus belles chansons sur le couple du monde contemporain (voire d'avant mais je ne suis pas trop calée), un peu décevante sur scène puisque ladite choriste ne peut se mesurer à Jeanne Cherhal.

 

Biolay est un artiste complet (bon pas trop danseur mais qu'importe c'est pas la Star Ac), musicien, compositeur, auteur et on sait maintenant que sur scène, il est incontournable.

 

Nota

: j'y suis allée avec un allergique à la Biolay mania, convaincu de détester la personne et donc l'artiste, qui en est ressorti en se promettant d'acheter l'album dès le lendemain alors emmenez ceux qui lisent trop les journaux au détriment de la musique et vous devriez le transformer en nouvel adepte.
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Publié dans Musique

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