Copacabana : complicité mère fille survendue
Impossible d'ignorer qu'Isabelle Huppert est la mère de Lolita Chamah, toutes deux occupant les rôles principaux de ce film décalé "Copacabana". Soit une mère fantasque, pur produit des années 70, ayant bourlingué autour du monde avec sa fille (le père est un illustre inconnu dont l'existence même n'est jamais abordée) aujourd'hui sédentarisée dans le Nord de France, habitant avec sa fille, faute de finances suffisantes. Justement la fille a pris le contrepied de sa maman: blonde, sage, poursuivant des études universitaires et ayant pour ambition de se marier rapidement avec un commercial grisâtre... Maman Huppert se désole du conformisme de sa fille alors qu'elle a consacré sa vie à lui faire découvrir le monde et à l'ouvrir aux autres. Soudain, le ciel lui tombe sur la tête et cet distance prend une forme concrète : fifille refuse la présence de sa mère au mariage, honteuse de l'excentricité de sa mère... Malheureuse mais pas anéantie pour autant, maman cherche et trouve un emploi à Ostende, bien décidée à participer financièrement au mariage et tout aussi déterminée à montrer à sa faille sa capacité à garder un emploi.
Rythmé, refusant le manichéisme des personnages et des situations, le film est porté par ce duo mère-fille. Huppert montre à nouveau son talent de comédienne drôle, loin de ses fréquents personnages cérébraux. Elle est l'équivalent de Catherine Deneuve, une vraie grande et belle actrice talentueuse aux mille facettes. Seul bémol : il faudrait s'alimenter correctement parce que son physique décharné fait parfois pitié. Sa fille tient parfaitement et répond bien au talent maternel. On reste sur l'impression d'une mère ayant voulu lancer sa fille, lui transmettre quelque chose et avec ce film, Isabelle Huppert offre à Lolita Chamah le cadeau d'un rôle, d'une visibilité qui devrait lui permettre de progresser.