"Potiche" : raffinement, ironie & féminisme

Publié le par Chantal

 

 

Dernier film de François Ozon, "Potiche" reprend et offre une nouvelle vie à la célèbre pièce de théâtre dont Jacqueline Maillan était la vedette. Comme dans "8 femmes", le réalisateur a soigné chaque détail du décor, des costumes et des coiffures des acteurs. Une pléïade de comédiens confirmés s'amuse dans cette comédie vive où l'on voit une femme au foyer, maltraitée par son mari, prendre progressivement le pouvoir d'abord à la tête de l'entreprise puis familiale avant de prétendre à une carrière politique, ce qui, en 1977, reste encore exceptionnel. Si Catherine Deneuve est au centre de l'action, les seconds rôles disposent chacun d'une partition pleine. Chaque personnage témoigne d'une profondeur inattendue, telle Judith Godrèche au-delà de son brushing Farah Fawcettien n'est pas seulement la femme d'un Jean-Charles invisible, mais apparaît dans la seconde partie du film comme une femme partagée entre ses rôles de mère, d'épouse et de salariée. "Potiche" n'est pas seulement une comédie dont les répliques font souvent mouche, c'est en plus un film qui nous parle du féminisme, de ses excès potentiels (le matriarcat vaut-il vraiment mieux que le patriarcat ?). La caricature de chef d'entreprise, joué à merveille - comme d'habitude - par Fabrice Luchini, met du coup en lumière la transformation (ou la révélation ?) de la femme au foyer, "petite reine de l'électroménager" qu'est Catherine Deneuve. Une très bonne comédie avec du rire et du sens....

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Publié dans Cinema

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