"La piel que habito" : sinistre Pedro

Publié le par Laurence

"La piel que habito" mêle plusieurs histoires de transformation biologique subie... Sombre du début à la fin, sordide souvent, angoissant parfois, le dernier opus du plus célèbre des réalisateurs espagnols des temps modernes interpelle notre rapport au corps et résonne curieusement en ces temps de polémique autour de la théorie des genres.

 

Soit Antonio Banderas, chirurgien esthétique à ses heures perdues, chercheur traitant de la création de la peau humaine le reste du temps. Il est veuf et on apprend au milieu du film qu'il a perdu sa fille tragiquement. Il ne vit pas seul mais entouré d'une domestique sévère et d'une jeune femme à la pure beauté et au grain de peau proche de la perfection... Enfermée dans une chambre, elle pratique intensivement le yoga. Les aller-retours entre passé et présent ouvriront progressivement les mystères de l'histoire.

 

Banderas est quasiment de toutes les scènes, à l'aise avec son rôle de fou total. Marisa Paredes parfaite en second rôle. Alors quoi ? Une histoire parfaitement maîtrisée, une mise en scène fluide, des acteurs imprégnés et consistants, un décor qui n'en fait pas des tonnes, des dialogues justes.... et pourtant ce film laisse un malaise qui se dissipe difficilement....

 

Pourquoi Almodovar a-t-il choisi ce thème ? Pourquoi l'exacerbatiuon des sentiments est elle si peu crédible ? L'amour n'est que l'amour fou, la passion qui conduit à l'horreur totale... même si l'action est supposée se passer en 2012 (date de la fin du monde ? volonté de l'inscrire dans une forme de science fiction ?), ce film n'a ni grâce, ni beauté, ni émotion. Tout est clinique, sombre et froid... on devine assez vite le mécanisme et la fin est attendue...

 

Malgré de nombreuses critiques élogieuses, on se demande où le réalisateur veut en venir, ce qu'il raconte n'a pas de sens ni de conscience et on sait depuis fort longtemps que les êtres humains sont capables du pire à l'adresse de leurs congénères. Quel besoin d'ajouter ce film à la longue liste des horreurs que les hommes s'infligent entre eux ?

La maîtrise technique est indéniable mais ne suffit pas à faire un film surtout quand il est signé Almodovar.

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Publié dans Cinema

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