Julien Blanc Gras : un touriste, un vrai
Ce jeune homme a des fourmis dans les jambes mais attention pas n'importe lesquelles et en tout cas, pas celles qui vous gratouillent quand vous êtes allongé dans le jardin de votre maison de campagne. Julien Blanc Gras a des fourmis exotiques, que l'on sent exclusivement dans les mauvais quartiers de villes inconnues dans des pays qui le sont à peine. Julien Blanc Gras se dit journaliste, on se demande quel canard le publie et quels articles il écrit. Ce métier de journaliste est en fait une couverture car l'auteur est anthropo-ethnologue.
Le titre de son livre est un attrape couillons car il ne s'agit jamais de tourisme mais de découverte et, plus particulièrement de découverte des autres. En effet, rien de narcissique n'affleure dans ce livre qui se lit plus facilement que le Candide de Voltaire même s'il en reprend les antiennes. Julien parcourt le monde hors des sentiers battus et si par malheur, il se retrouve dans un lieu touristique, il le fuit en abandonnant son bagage.
Drôle et inventif, ce livre donne sinon envie de partir loin du moins celle de le rencontrer, de l'inviter à dîner pour retrouver le ton, la légèreté, la beauté de ces récits. Mails il prévient : il ne sait pas dire et peut-être est ce la raison de son livre. Il raconte librement, à son rythme, il répond aux questions de ses amis et de sa famille.
Donne-t-il envie de le suivre ? Oui mais ses aventures ne se prêtent qu'à un certain type de personnalités. Celles qui sont prêtes à tout pour aller voir les gens : dormir dans un gourbi et trouver un rat sur sa couverture au matin, subir les assauts d'une jeune femme au milieu de la nuit, assumer la perte régulière des bagages par les compagnies aériennes, manger à peu près n'importe quoi, la liste est longue des inconforts récurrents rencontrés par le héros.
A lire quand on est fidèle du Club Med... ou pas !