Les femmes du 6ème étage : comédie sociale et caricatures
Nous sommes en 1962 dans un milieu bourgeois parisien : le couple Lucchini-Kiberlain doit faire face à un drame inattendu en l'espèce le départ de la bonne bretonne qui se traduit aussitôt par le chaos dans l'appartement. Overbookée par ses rendez-vous bridge - pédicure - couturière, la maîtresse de maison ne saurait repasser ou cuisiner. Ses amies lui conseillent la filière espagnole, la bretonne étant épuisée... Arrive alors Maria, yeux marron débordants de douceur et de tristesse.... A la faveur de ce changement, Lucchini découvre les oeufs coque cuits à point (car il est très exigent sur les oeufs coque) et la romance puisque son coeur d'agent de change se transforme peu à peu à la faveur de contacts réguliers avec une bande d'espagnoles enjouées, chantant et dansant la nuit après avoir travaillé de 6h du matin à 11h du soir. Ces mêmes espagnoles poussent l'amour du français jusqu'à le parler entre elles et n'utilisent pas leur langue maternelle. On imagine que, du point de vue du réalisateur, cela aurait fatigué le spectateur de lire des sous-titres. L'aberrhation est totale : ces dames parlent parfois espagnols devant monsieur et nous avons des sous-titres, à d'autres moments, elles parlent espagnol entre elles et enfin, il arrive qu'elles parlent espagnol sans que le spectateur ait droit à une traduction...
Le scénario regorge de caricatures en tous genres et cette conversion paraît aussi rapide que peu motivée. Pourquoi d'un coup, d'un seul, monsieur découvre-t-il que les bonnes vivent au 6ème étage sans toilette ni eau courante ? Pourquoi déployer une telle gentillesse, une telle empathie ? Cet homme paraît soudain assailli d'une curiosité que ses cinquante premières années n'avaient jamais fait remonté ...
La mise en scène est tout aussi paresseuse pour ne pas dire inexistante. Film de facture française, probablement bon pour l'export (en Espagne et au Portugal peut-être ?) et surtout pour avoir les honneurs du dimanche soir du France 2...
Plusieurs critiques ont souligné la sobriété de Lucchini : ce n'est pourtant pas la première fois que l'on peut constater qu'il est un acteur plein au sens où il est capable de jouer différents personnages (Rien sur Robert en est un exemple)... Lucchini fait du Lucchini au théâtre quand il déclame des textes avec force cabotinage mais au cinéma, il a toujoirs endossé avec un grand talent les facettes de personnages complexes... il serait temps de cesser de l'enfermer dans une peau aussi étroite...