Soulages à Pompidou: d'une innovation à un exercice de style

Publié le par Chantal

Cette expo s'achèvera très bientôt (le 8 mars) : il reste peu de temps pour la voir mais les oeuvres de Soulages sont aussi exposées au musée Jan Fabre de Montpellier où une salle a été particulièrement conçue pour mettre en valeur ses tableaux. Et puis un jour viendra où le musée de Rodez ouvrira ses portes, ce qui permettra de voir les peintures de Soulages en continu et de ne pas être parisien (ou de passage à Paris) pour mieux connaître cet artiste.

L'expo s'attache à montrer au visiteur l'évolution de l'artiste. Si, dès le début, Pierre Soulages travaille sur les possibilités du noir, il laisse encore la place à d'autres couleurs : le bleu, le marron et le rouge figurent alternativement sur les tableaux avec toujours ce noir, peu profond d'abord puisqu'obtenu avec du brou de noix.

Plus loin, on découvre les tableaux aux lignes profondes dans lesquelles un peu de blanc fait son apparition, faisant des vagues au milieu de lignes noires aux contours très précis.

Enfin, on découvre dans un couloir trois tableaux d'un noir profond et lumineux qui frappent par leur exposition particulière : tableaux noirs immenses, à la peinture très épaisse, aux lignes plus fines, sur un fond et un sol noir eux aussi, simplement mis en valeur par la lumière (électrique) du plafond.

Ensuite, l'innovation frappante tourne au procédé, à la reproduction, certes avec des variantes mais on a l'impression d'un "truc", une découverte démultipliée à objectif commercial. La recherche initiale laisse la place aux beaux objets et on finit par regretter de ne pas avoir un salon suffisamment vaste (et les moyens financiers) pour exposer chez soi ces beaux objets.

Un autre regret : la lumière. Au Centre Pompidou, elle ne peut être qu'artificielle ce qui présente le mérite de visites sans déception quelle que soit l'heure du jour mais justement, on peut se dire que les variations d'intensité auraient rendu un plus bel hommage à la volonté de l'artiste.

Enfin, il est dommage que le document édité pour la visite soit rédigé dans un langage plutôt abscons, en tout cas étranger aux non initiés et peut donc rebuter les non habitués. Un effort en faveur de la démocratisation de l'accès à la culture serait bienvenu de la part de ce grand musée public.
Publicité

Publié dans Exposition

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article