"This must be the place" : mais dans quel état t'es tu mis Robert Smith ?

Publié le par Laurence

Immanquablement, on pense - du moins ceux qui ont vécu les années 80 - à The Cure et à son mythique chanteur. La coiffure, le maquillage, la voix étrangement douce et la diction chaotique : Cheyenne est Robert Smith. Ou Robert Smith est Cheyenne. Un être que l'on croit dérangé tant les drogues et l'alcool l'ont défait mais qui s'avère bien plus lucide, drôle et à la surface des choses que les premières scènes ne le laissent penser. Ainsi donc, une rock star a décidé un jour, pas un beau jour plutôt un mauvais jour, de se retirer définitivement. De quitter la scène, les fans et surtout la  musique pour trouver refuge dans un immense palais meublé si sobrement qu'il en est quasiment vide. Il est aimé d'une femme de son âge ô miracle et apprécié d'une jeune fille avec qui le lien de parenté restera mystérieux.

 

Il est sombre et depuis longtemps. Il a coupé avec toute vie sociale même s'il fréquente un centre commercial et le café de celui-ci. Il encourage un jeune homme bien sous tous rapport à exprimer ses sentiments à la jeune fille si perdue dans la vie. En équilibre fragile dans sa tête, son corps n'est pas non plus en bon état : il avance courbé, parle d'une voix à peine audible et détache ses mots qu'il perd parfois.

 

Cheyenne doit revenir aux Etats-Unis où son père se meurt. Là-bas, il accomplira une mission particulière : chasser le nazi que son père a cherché pendant des années. Le retour permet au réalisateur de commettre des plans larges, une vision panoramique des étendues américaines, contrairement à l'Irlande, plus resserrée et étouffante. Après quelques péripéties qui aèrent le récit et détendent le spectateur, notre héros atteindra son but personnel. Il aura également rencontré d'autres paumés, le tout dans une belle poésie, de celle qui mêle tendresse et humour.

 

La performance d'acteur est éblouissante évidemment. Elle comprend la transformation physique, le maintien de ce jeu saccadé, les regards forts et la vision intérieure. Au-delà du happy end obligatoire, du thème rebattu du road movie, le charme se glisse dans un film original. Mais qu'en reste-t-il le lendemain ? Un visage, un regard, une possibilité de vivre moins mal, c'est peu et déjà pas mal... et la musique est vraiment chouette !

Publicité

Publié dans Cinema

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article