J'aurais voulu être égyptien .... ben pas moi !
L'auteur du très remarqué - et porté à l'écran - "L'immeuble Yacoubian" nous immerge une fois de plus dans sa terre natale après le détour à Chicago du précédent. Le livre consiste en une suite de nouvelles dont la première donne - classiquement - son titre au livre, elle est d'ailleurs la plus longue. Les autres sont de longueur très variées, parfois pas plus de quatre ou cinq pages mais toutes ont en commun de nous plonger dans la vie quotidienne égyptienne.
Fatalisme, place des femmes (opprimées), rôle des hommes (oppresseurs), obséquiosité, misère intellectuelle et économique, le titre du livre est bien entendu ironique et l'auteur s'en explique dès la préface, ne dupant à aucun moment son lecteur. L'attachement de l'auteur à son pays et à ses compatriotes est indéniable malgré les portraits cruels qu'il dresse à chaque étape. Les femmes souffrent, mènent des vies sinistres. L'absence d'espoir mine une société rongée par la corruption et l'individualisme. On ressort de cette lecture attristé par une peinture aussi triste. L'auteur vise sans que le doute ne soit permis l'absence de démocratie dans son pays comme facteur de blocage de la société, comme responsable de la situation actuelle.
En narrant des histoires de pauvres prêts à toutes les bassesses pour accéder à une vie - un peu - meilleure, l'auteur n'envisage jamais une possible explosion sociale alors que le climat s'y prête évidemment.
Beaucoup d'histoires se terminent en queue de poisson, au lecteur d'imaginer la suite et la fin à moins qu'il n'y ait jamais de fin et que ces vies égyptiennes se poursuivent sans que jamais rien ne change.
Ecrit avec finesse, très prenantes, ces nouvelles donnent à voir une Egypte non vendue par les brochures touristiques, loin de l'image habituelle, il est vrai limité aux pyramides et au sphinx.