Personne de Gwenaëlle Aubry : petit manuel à l'usage des enfants de fous

Publié le par Chantal

Difficile de rédiger un article sur ce livre très personnel, très touchant mais au style assez rebutant par moments. L'auteur adore les phrases très longues et, même si les virgules permettent une nécessaire respiration, la lecture peut s'avérer ardue. En tout cas, mieux vaut ne pas être distrait. Ce livre exigeant requiert un certain isolement pour s'y plonger mais aussi un entourage proche pour aider à en sortir. Quiconque a rencontré dans sa famille ou son cercle amical une personne dépressive se reconnaîtra dans ce livre. Les émotions sont livrées avec le recul d'une adulte sur l'enfant et l'adolescente qu'elle a été. L'identification fonctionne bien : on se reconnaît dans ce mélange de culpabilité permanente, cette impuissance, une certaine révolte face au corps médical et para-médical.

Ce puissant témoignage touche à l'intimité de l'auteur mais aussi de son père dont on peut se demander s'il aurait apprécié que sa fille livre en pâture son histoire si privée.

Le découpage en chapitres correspondant aux lettres de l'alphabet reste un peu artificiel, on ne voit pas pourquoi l'auteur a choisi ce fil rouge là, peut-être pour résumer une vie aux 26 lettres formant un tout complet alors que son père était plusieurs.

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Publié dans Livres

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