Le Caire - Chicago....

Publié le par Chantal

L'immeuble Yacoubian témoignait de la vie en Egypte : histoires liées d'hommes et de femmes, de jeunes et de moins jeunes, de corruption, de volonté de sortir de sa condition et de l'impossibilité de tracer un destin propre... on ressortait de ce livre avec une sorte d'accablement face à cette Egypte contemporaine.
Ici, l'auteur situe son histoire aux Etats-Unis, après le 11 septembre - on notera au passage qu'il existe désormais un avant et un après 11 septembre pour TOUS les livres se déroulant aux USA - mais au sein de la communauté égyptienne. Très peu d'américains sont de passage dans ce livre qui raconte la vie d'étudiants et d'étudiantes, d'hommes et de femmes égyptiens : la douleur de l'exil, le bonheur de faire des études aux Etats-Unis où ces étudiants semblent évoluer en dehors de toute la vie estudiantine américaine.
La communauté universitaire égyptienne dipose de ses propres lieux de vies, et finalement, les étudiants profitent de l'excellence des cours mais semblent peu intéressés par les relations avec leurs camarades américains. Ce parti pris interroge le lecteur : quelle part d'autobiographie ? quelle volonté d'en rester à ce qu'il connaît le milieu égyptien ?
Le livre est aussi politique au plein sens du terme : sans jamais que son nom soit cité, le président égyptien et son régime oppressant est largement critiqué. L'auteur en profite aussi pour nous faire passer à nous occidentaux un vif plaidoyer en faveur de la démocratie : il n'existe pas de peuple non prêt pour la démocratie mais des régimes qui ne refusent de créer les conditions de son existence.
Comme dans l'immeuble Yacoubian, chaque chapitre relate un morceau de la vie d'un protagoniste et la progression de l'histoire est linéaire jusqu'au dénouement final. A le lire, on se demande si l'auteur n'a pas été victime d'un moment intense de pessimisme tant l'espoir est absent. Fatalisme ? Réalisme ? Souhait de l'auteur d'en terminer avec l'ouvrage ? Difficile de le dire mais on peut être frustré par ces fins un peu bâclés au regard du souffle qui traverse les pages précédentes.
Un livre foisonnant qu'on ne lâche pas et qui ne vous lâche pas même après l'avoir terminé.
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Publié dans Livres

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