Absolument débordée : un cri de frustration de Zoé Shepard

Publié le par Chantal

Le livre de Zoé Shepard a suscité lors de sa sortie en mars 2010 un certain émoi dans la fonction publique et a connu un certain retentissement. En effet, bien que l'auteur ait écrit sous pseduo, elle a rapidement été identifiée et sa collectivité l'a mise à l'écart avant de la réintégrer après quelques mois.

 

Au-delà de ses questions post publication, on peut tenter une analyse critique de ce livre pour ce qu'il est, l'histoire narrée et le style propre. Force est de constater qu'il faudra attendre un second opus de l'auteur pour évaluer au plus juste son talent d'écrivain. En effet, l'absence d'imagination des scènes, la répétition du comique, le choix même d'un journal tenu, rien ici ne permet de crier au chef d'oeuvre. Le style reste désespérément plat, sans envergure. Les séquences se répètent inexorablement et la fin est au mieux bâclée.

 

On peut compatir avec l'auteur, placée dans une situation professionnelle abêtissante. On peut aussi se demander si l'auteur n'a pas pêché par excès d'arrogance. Elle a certes effectué 8 ans d'études supérieures, fréquenté les meilleures écoles, les meilleurs profs, les meilleurs élèves et ce parcours ne prépare pas à travailler en équipe avec des personnes disposant d'un QI inférieur à 180.

 

Plusieurs fois, j'ai été frappée par l'outrance du trait, par l'aigreur qui transpire à chaque page. L'auteur estime ne pas être utilisée à sa juste valeur par sa collectivité. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir cherché à exercer ailleurs ? Tout fonctionnaire peut changer de poste s'il le désire. Un fonctionnaire territorial dispose de la grande sécurité de son emploi. Il a aussi l'avantage de choisir sa mobilité professionnelle (et géographique), contrairement aux fonctionnaires d'Etat.

 

Certains critiques ont souligné la férocité du trait. Je ne suis pas d'accord avec cette appréciation. Le trait est caricatural, arrogant, blessant et sournois. L'héroïne donne des leçons à tous ses collègues, elle a toujours un temps d'avance ce qui montre sa supériorité sur tous et toutes. L'auteur exauce ses rêves de reconnaissance. Elle se cache derrière un pseudo et dézingue la totalité de ses collègues. A partir de son expérience limitée (il s'agit de sa première expérience professionnelle et elle est dans un service de petite taille), elle généralise à l'ensemble de sa collectivité. C'est dégradant, inutile voir un peu dangereux quand on voit comment son livre a été récupéré par la droite et l'extrême droite. Il a servi à alimenter un discours connu sur la fainéantise des fonctionnaires, sangsues de la société.

 

Cette jeune femme manque de cohérence. Elle dénonce un fonctionnement d'abus généralisé et, pourtant, après quelques mois de mise à pied, elle retourne dans sa collectivité. Elle oublie de mentionner certains faits dans son livre et a pu aussi terriblement manquer de mémoire sur les plateaux télé. A sa sortie de l'école, elle a passé de nombreux entretiens mais n'a pas trouvé de poste. Aussi a-t-elle demandé à la collectivité dans laquelle elle effectuait son dernier stage de la garder... ce qui a été fait avec le résultat que l'on sait... Le poste qu'elle occupe ne correspond pas aux fonctions d'un administrateur mais elle a choisi de le prendre et d'y rester...

 

Un livre à acheter d'occasion si vraiment vous y tenez....

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Publié dans Livres

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