"La femme fardée" : quand Sagan nous joue la croisière s'amuse

Publié le par Laurence

La réédition cet été du plus gros roman (en nombre de pages) de Françoise Sagan m'a donné envie de le relire. Je l'avais découvert durant ma période monomiaque saganesque, il m'avait marquée mais j'ai eu envie de confronter mes souvenirs à une relecture à un âge de la maturité. De plus, les critiques ont souligné le fait que Sagan ne savait pas tenir ses lignes comme on tient une note en musique et certains ont sous-entendu que ce livre est quelque peu boursouflé.

 

Effectivement, certaines descriptions traînent en longueur et on peut regretter que l'action soit parfois délaissée au profit de réflexions psychologiques un peu lourdes auxquelles l'auteur nous a peu habitué. Il n'en reste pas moins qu'on suit les aventures et rebondissements de l'histoire avec un grand plaisir. Sagan a déplacé son histoire sur un bateau qui croise au large de la Méditerranée mais on y retrouve le parisianisme qu'elle affectionne et qu'elle traite avec son humour distancié, sa délicatesse et sa tendresse pour les personnages qui laissent paraître leur vrai nature, leurs sentiments profonds et qui assument leurs envies.

 

Ce livre choral croise les histoires de personnages attachants avec, pour certains une fin heureuse, une forme de révélation quand d'autres termineront tragiquement leur promenade sur l'eau. Sagan multiplie les références à la musique non pour étaler sa culture en ce domaine mais plutôt pour nous faire partager les sentiments qu'elle contribue à révéler. Roman doux amer dans la grande tradition saganesque...

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Publié dans Livres

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